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Les antibiotiques à l'unité à partir du 1er octobre 2026 : quels changements ?

Rédigé par Frederik De Schrijver | juillet 10, 2026

À compter du 1er octobre 2026, les modalités de délivrance et de tarification des antibiotiques vont connaître des changements radicaux. Désormais, vous ne remettrez plus automatiquement un emballage complet, mais exactement le nombre de comprimés ou de gélules prescrits. Cette nouvelle réglementation, connue sous le nom de « tarification à l’unité » (TPE), a des répercussions non seulement sur le calcul des prix, mais aussi sur la gestion de vos stocks, vos logiciels, votre flux de travail et la communication avec vos patients. Dans cet article, nous vous expliquons ce qui va changer, pourquoi cette mesure est mise en place et comment vous pouvez d’ores et déjà préparer votre pharmacie.

En bref

  • À compter du 1er octobre 2026 , les antibiotiques seront délivrés et facturés à l’unité dans les pharmacies publiques. Les patients ne paieront que pour le nombre de comprimés ou de gélules effectivement délivrés.

  • Les ordonnances libellées par nom de substance deviendront la norme. Le médecin devra obligatoirement mentionner l’indication, la posologie et la durée du traitement, après quoi le logiciel de la pharmacie calculera automatiquement le nombre d’unités approprié.

  • Le fractionnement sera plus souvent nécessaire. En l’absence d’emballage adapté, vous pourrez ouvrir un emballage et gérer numériquement les unités restantes, à condition que la marque, le lot et le numéro de lot restent entièrement traçables.

  • De nouveaux honoraires rémunèrent la délivrance. Outre les honoraires de traitement, il existe des honoraires pour l’acte technique de fractionnement, même s’ils ne sont pas automatiquement accordés dans toutes les situations.

  • Une bonne préparation est payante. En accordant dès à présent une attention particulière à la gestion des stocks, aux logiciels, aux accords de travail internes et à la communication avec les patients, la transition vers la tarification à l’unité se fera beaucoup plus facilement.

 

Pourquoi la Belgique passe-t-elle à la tarification des antibiotiques à l’unité ?

Cette mesure s’inscrit dans le cadre du plan d’action fédéral contre la résistance aux antimicrobiens (RAM). L’utilisation excessive ou inappropriée des antibiotiques reste une cause majeure de bactéries résistantes à l’échelle mondiale. Une source importante de ce problème ? Les restes d’antibiotiques que les patients conservent chez eux et réutilisent plus tard sans avis médical.

En ne délivrant que la quantité nécessaire d’antibiotiques, les pouvoirs publics souhaitent :

  • réduire le gaspillage de médicaments ;

  • décourager l’automédication ;

  • limiter le risque de résistance aux antibiotiques ;

  • mieux maîtriser les dépenses de santé.

Pour les pharmaciens, cela représente un changement fondamental : c’est le traitement qui est au centre des préoccupations, et non plus l’emballage.

 

Quels changements à partir du 1er octobre 2026 ?

Aujourd’hui, en tant que patient, vous payez le prix d’une boîte entière, quel que soit le nombre de comprimés dont vous aurez finalement besoin.

À partir du 1er octobre 2026, le nombre d’unités délivrées servira de base tant pour la délivrance que pour la tarification.

Cela signifie qu’en tant que pharmacien, vous devrez désormais :

  • ne délivrerez exactement que le nombre de comprimés ou de gélules prescrit ;

  • ne facturerez que les unités effectivement délivrées ;

  • devrez éventuellement fractionner les boîtes ;

  • enregistrerez correctement les unités restantes.

Pour les maisons de retraite médicalisées, ce principe n’est pas nouveau. Le TPE y est déjà appliqué depuis longtemps pour les médicaments oraux sous forme solide. À partir d’octobre 2026, ce système sera étendu à tous les patients ambulatoires pour les antibiotiques.

 

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Au cours de cette session, nos experts vous expliqueront la nouvelle réglementation, répondront aux questions fréquemment posées et vous donneront un aperçu de la manière dont CareConnect Pharmacist vous accompagnera.

 

Deux scénarios dans la pratique quotidienne

1. Prescription par nom de substance (la nouvelle norme)

Ce sera le scénario le plus courant à partir d’octobre 2026. Le médecin prescripteur est tenu de mentionner :

  • le principe actif ;

  • la posologie ;

  • la durée du traitement ;

  • l'indication.

Sur la base de ces informations, votre logiciel de pharmacie CareConnect Pharmacist calcule automatiquement le nombre de comprimés à délivrer.

Vous choisissez ensuite un conditionnement qui correspond exactement, ou
un conditionnement plus grand que vous fractionnerez. Il ne faut pas s'écarter du nombre calculé.

2. Prescription de spécialité

Les ordonnances de marque restent également possibles, mais deviendront plus exceptionnelles. Dans ce cas :

  • vous pouvez délivrer l’emballage complet de la spécialité prescrite ;

  • le patient sera tout de même facturé à l’unité effectivement délivrée ;

  • vous pouvez, si nécessaire, délivrer un produit de substitution contenant le même principe actif lorsque le médicament prescrit n’est pas disponible.

 

Quel impact cela a-t-il sur votre pharmacie ?

La nouvelle réglementation va bien au-delà d’un simple changement de mode de calcul des prix. En réalité, elle modifie une grande partie du flux de travail quotidien.

1. Une attention accrue portée aux ordonnances

Les ordonnances contiennent désormais beaucoup plus d’informations cliniques. Cela facilite la vérification des points suivants :

  • la durée du traitement est correcte ;

  • le nombre de comprimés correspond au traitement ;

  • le conditionnement choisi est adapté.

L'accent n'est donc plus mis sur « quelle boîte dois-je livrer ? », mais sur « quel traitement ce patient doit-il recevoir exactement ? ».

2. Le fractionnement devient une pratique quotidienne

En l’absence de conditionnement adapté, vous devrez ouvrir un conditionnement. Cela nécessite une bonne organisation interne et il est important que :

  • toutes les unités proviennent du même emballage ;

  • la marque et le numéro de lot restent entièrement traçables ;

  • les emballages ouverts soient correctement gérés numériquement ;

  • les quantités restantes puissent être réutilisées pour d’autres patients.

Votre logiciel de pharmacie CareConnect Pharmacist assure automatiquement le suivi du nombre de comprimés encore disponibles.

3. La gestion des stocks gagne en intelligence

Le choix des formats d’emballage a désormais un impact bien plus important. Un stock composé exclusivement de grands conditionnements entraîne plus rapidement des fractionnements supplémentaires. À l’inverse, des formats d’emballage adaptés permettent :

  • de gagner du temps ;

  • d'éviter des manipulations techniques ;

  • limiter le risque de refus de paiement.

Cela incite également l’industrie pharmaceutique à mieux adapter les conditionnements aux durées de traitement courantes.

 

Comment le calcul du prix évolue-t-il ?

À partir d’octobre 2026, le patient ne paiera plus le prix d’une boîte entière. Le prix se composera d’un prix par comprimé ou par gélule, d’une redevance thérapeutique et, le cas échéant, d’une redevance pour l’acte technique en cas de fractionnement. Le prix du comprimé est calculé sur la base du plus grand conditionnement remboursable.

Ce système s'applique aussi bien aux patients bénéficiant d'un remboursement qu'à ceux qui n'en bénéficient pas, bien que dans ce dernier cas, les frais soient entièrement à la charge du patient.

 

Quels sont les nouveaux honoraires mis en place ?

Honoraires de traitement

Pour chaque ordonnance contenant un antibiotique, vous percevrez des honoraires fixes.

Important :

  • un mois de traitement maximum par ordonnance ;

  • deux antibiotiques sur deux ordonnances donnent lieu à deux honoraires ;

  • les traitements plus longs nécessitent une nouvelle ordonnance et donnent donc lieu à un nouvel honoraire.

Honoraires pour acte technique

Lorsque vous devez effectivement fractionner la quantité, des honoraires supplémentaires peuvent être accordés. Mais attention ! Ces honoraires ne sont pas automatiquement garantis.

S’il existe théoriquement un conditionnement correspondant exactement à la quantité prescrite, le service de tarification peut refuser l’honorarium, même si ce conditionnement n’était pas disponible au moment de la délivrance. Une bonne gestion des stocks revêt donc plus d’importance financière que jamais.

 

Quels changements pour les patients ?

Cette mesure présente également des avantages pour les patients. Ils reçoivent exactement la quantité d’antibiotiques nécessaire, ont moins de restes de médicaments, ne paient que ce qui leur est effectivement livré et
courent moins de risques de reprendre ultérieurement des antibiotiques non utilisés.

Une explication claire au comptoir reste toutefois essentielle. En effet, les patients se verront plus souvent remettre des comprimés ou des gélules à l’unité plutôt qu’une boîte non ouverte.

 

Préparation pratique : par quoi commencer dès aujourd’hui ?

Bien que la mise en œuvre ne soit prévue que pour le 1er octobre 2026, il est utile de réfléchir dès maintenant à l’organisation au sein de votre pharmacie.

Quelques points à prendre en compte :

  • Élaborez des procédures claires pour le fractionnement.

  • Vérifiez comment votre logiciel prendra en charge le nouveau module TPE.

  • Réfléchissez à l'étiquetage des unités individuelles.

  • Prévoyez un moyen simple de remettre une notice aux patients.

  • Réévaluez votre stratégie de gestion des stocks.

  • Discutez des consignes internes avec l'ensemble de l'équipe de la pharmacie.

Une bonne préparation permet d’éviter les pertes de temps et les discussions au comptoir dès l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation.

 

Foire aux questions

La règle relative aux antibiotiques « par unité » s'applique-t-elle à tous les médicaments ?

Non. À compter du 1er octobre 2026, cette réglementation s'appliquera exclusivement aux antibiotiques relevant du régime TPE.

Puis-je encore délivrer une boîte entière ?

Oui, si l’ordonnance est libellée en spécialité. La facturation s’effectue alors par unité effectivement délivrée.

Dois-je toujours fractionner la délivrance ?

Non. Lorsqu’un conditionnement correspond exactement au nombre d’unités prescrit, celui-ci est à privilégier.

Puis-je réutiliser les comprimés restants ultérieurement ?

Oui, à condition qu’ils proviennent du même emballage et de la même marque, qu’ils restent correctement traçables et qu’ils soient gérés conformément aux procédures en vigueur.

 

Conclusion

L’introduction de la facturation des antibiotiques à l’unité constitue l’un des changements les plus importants survenus dans les pharmacies publiques ces dernières années. Ce n’est pas seulement la tarification qui change, mais aussi la manière dont les ordonnances sont traitées, les conditionnements choisis et les médicaments délivrés.

Les pharmacies qui investissent dès maintenant dans des procédures claires, une gestion des stocks bien pensée et un flux de travail efficace pourront effectuer cette transition beaucoup plus facilement. Le 1er octobre 2026 peut sembler lointain, mais une bonne préparation commence dès aujourd’hui.